1. Quel est le rôle principal d’un directeur au sein de la résidence ?
Mon rôle principal en tant que directeur de l’Ehpad Les Nymphéas est de garantir un accompagnement de qualité pour chaque résident, aussi bien sur le plan médical que sur celui de l’accueil.
Cela passe par plusieurs missions essentielles :
- Encadrer les équipes et leur transmettre une vision commune : nous sommes tous soignants, chacun à notre niveau.
- Être présent sur le terrain, au plus près des besoins, pour soutenir, écouter et parfois en médiation.
- Créer un environnement paisible et humain, où l’on prend le temps avec chaque résident.
Je pense que c’est le mot douceur, que j’aime bien dans ce métier. […] Ce n’est pas un métier qu’il faut faire dans la vitesse. Il faut prendre le temps avec les résidents.
Ce métier demande de la douceur, de l’écoute et une vraie capacité d’adaptation.
2. Comment êtes-vous devenu directeur de la résidence Les Nymphéas ?
FORMATION
Avant de rejoindre le secteur médico-social, j’ai exercer dans un tout autre univers : celui de la mode et de l’équipement de la maison. J’étais alors directeur d’une centrale d’achat pour de grandes marques de distribution. Un métier stimulant, mais dans lequel il me manquait quelque chose d’essentiel : le lien humain.
Depuis toujours, j’étais attiré par les métiers du soin. Plus jeune, j’avais d’ailleurs été très investi dans le bénévolat auprès de personnes âgées. Ce fil rouge m’a amené, il y a cinq ans, à me reconvertir. J’ai intégré l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP) à Rennes, qui forme notamment les directeurs d’établissements de santé.
À l’issue de cette formation, j’ai pris la direction d’un EHPAD dans la fonction publique territoriale, pendant près de quatre ans, avant de rejoindre LNA Santé.
Exercer dans le secteur du grand âge
Ce secteur m’attire car il est à la fois porteur de sens et en pleine évolution. On y trouve des enjeux très forts : vieillissement de la population, nouvelles pathologies, accompagnement à réinventer… Il y a énormément à imaginer et à créer pour mieux prendre soin.
C’est un domaine qui est porteur de sens, dans lequel, étant donné le vieillissement de la population, il y a énormément de choses à imaginer, à innover, à créer, en termes d’accompagnement.
Ce qui me motive au quotidien, c’est d’avoir un rôle utile, autant pour les personnes âgées que pour leurs familles. J’aime être dans un métier où l’on aide, soutient, apaise. C’est un domaine profondément humain, où l’on peut porter des projets qui ont du sens, avec des équipes engagées.
3. Quelles sont vos principales activités et missions ?
Avec les résidents
Avant même l’arrivée d’un résident, mon rôle est de vérifier que la résidence peut réellement répondre à ses besoins. C’est une étape importante, car il faut s’assurer que nous serons en mesure d’offrir une prise en soin de qualité, adaptée à son état de santé et à ses attentes.
Ensuite, avec les équipes, nous préparons son accueil à travers un projet de vie et un projet de soins. On essaie d’anticiper au maximum, pour que la transition se fasse dans les meilleures conditions possibles. L’entrée en résidence est souvent un moment difficile, un vrai changement de vie. Le résident quitte son domicile, perd des repères, et doit apprendre à vivre en collectivité.
J’insiste beaucoup auprès des équipes sur l’importance de l’adaptation réciproque.
L’adaptation, ce n’est pas que dans un sens. C’est à nous aussi de nous adapter.
Comprendre son rythme, respecter ses habitudes, l’écouter… tout cela est essentiel pour qu’elle trouve sa place et se sente bien ici. C’est une démarche d’accompagnement dans la durée, qui commence dès le premier jour.
J’ai à cœur d’être présent sur le terrain, d’échanger quotidiennement avec les résidents. Je les croise tous les jours, j’échange souvent quelques mots avec eux, parfois autour d’un café. Pour moi, ces moments comptent beaucoup. J’essaie de transmettre cette attention aux équipes. On est dans un métier où il faut de la douceur et du temps.
Prendre trois minutes pour parler avec un résident, c’est déjà du soin.
Avec les équipes
Je suis très présent aux côtés des équipes. Mon rôle, c’est de faire en sorte qu’elles puissent travailler dans de bonnes conditions. Ça veut dire gérer les plannings, prévoir les remplacements, s’assurer qu’il ne manque ni matériel ni information, et surtout, être là au quotidien. Nous faisons deux briefs par semaine et un comité de direction tous les lundis. En plus, j’ai des rendez-vous individuels réguliers avec chaque membre du CODIR. Ces temps d’échange sont essentiels pour garder le lien, sentir ce qui se passe sur le terrain, et réagir vite si besoin.
La gestion des plannings, des remplacements, et l’organisation de la continuité des soins sont au cœur de mes responsabilités. Cela signifie garantir un fonctionnement 24h/24, 365 jours par an.
Je crois beaucoup à l’importance du collectif. Pour moi, tout le monde participe au soin, même si ce n’est pas un soin médical.
Chez LNA Santé, on a cette conviction que tout le monde est acteur du soin. Le soignant, bien sûr, mais aussi le cuisinier, le service hôtelier, la coordinatrice de vie sociale et culturelle… Chacun contribue à la qualité de vie du résident.
On est tous soignants, chacun à notre niveau.
Au niveau de la gestion (administrative, logistique, financière…)
Je m’occupe d’abord de toute la partie budgétaire. Il faut répartir les ressources entre les salaires, les investissements, le fonctionnement quotidien, la restauration, etc. Ensuite, chaque mois, on suit l’évolution de ces dépenses pour s’assurer que tout reste équilibré. C’est un travail de fond, essentiel pour le bon fonctionnement de l’établissement.
La gestion des ressources humaines est aussi une partie importante. Comme la masse salariale représente la plus grosse partie du budget, il faut bien organiser les équipes, les roulements, les plannings, et assurer les remplacements. On veille à ce que la continuité de l’accompagnement soit toujours assurée, même en cas d’absence. Tout cela est essentiel pour garantir un accompagnement de qualité, 24 heures sur 24.
Je gère aussi la relation avec les familles et les nouveaux arrivants. Il y a un vrai travail de communication, d’écoute et de présentation de la résidence.
Je ne fais pas tout cela seul. Je travaille main dans la main avec mon adjointe de direction, et nous impliquons aussi les chefs de service, notamment sur le suivi de leur propre budget et le recrutement. C’est vraiment un travail d’équipe.
4. Selon vous, quels sont les atouts nécessaires pour être un bon directeur d’Ehpad ?
Pour moi, plusieurs qualités sont indispensables pour exercer ce métier :
- Des qualités humaines fortes : il faut être tourné vers l’autre, savoir écouter, faire preuve de bienveillance, tout en étant capable de poser un cadre. C’est un métier où le relationnel est central, que ce soit avec les résidents, les familles ou les équipes.
- Une grande capacité d’organisation : on gère une structure complexe, qui touche à la santé, à la logistique, aux ressources humaines, au budget… Il faut savoir tout piloter sans se laisser déborder.
- La capacité à se remettre en question : rien n’est figé. Les situations évoluent, les besoins changent. Il faut savoir s’adapter, et encourager les équipes à faire de même.
- De la souplesse et de l’adaptabilité : un planning, un rythme, un accompagnement, ça peut changer du jour au lendemain. Il faut être prêt à ajuster, encore et encore.
Il faut être capable de se re-questionner en permanence, parce qu’on accompagne des personnes qui évoluent constamment. Se re-questionner, ça permet de mettre en place des nouveaux types d’accompagnement pour mieux répondre à leurs besoins. En réalité, je pense qu’il faut être très adaptable aussi.
C’est un métier exigeant, mais passionnant, parce qu’il est profondément humain et qu’il oblige à rester en mouvement


